Je te vois déjà venir :

« Après avoir laissé tomber le soutien gorge, cette p*tain de hippie a décidé de vivre à poil. »

Promis, je garde ça pour la maison et je t’explique tout.

Nous vivons dans un monde de pénurie.

Ce qui veut dire que nous avons le sentiment que nous ne possédons jamais assez. 

Brené Brown 

Vivre dans un monde de pénurie signifie que nous, consommateurs, sommes continuellement à la recherche de la prochaine acquisition qui nous permettra de nous sentir accompli et ainsi d’atteindre une version upgradée de nous même.

Le monde est rempli de messages qui nous rappellent que nous sommes en manque. Nous manquons de place, de vêtements, les courbes de Titine ne sont plus actuelles, notre smartphone ne jouit pas des dernières technologies – bah ouais, c’est SUPER important la reconnaissance digitale – : il faut donc remplacer, racheter, consommer.

Nous ne sommes jamais assez mince ou beau, jamais assez compétent et bien entendu jamais assez riche.

Mais si t’es belle, raah !

Ce modèle de pénurie, de manque et donc de frustration conduit à la consommation et à l’accumulation dans le but de combler un vide. Nous travaillons plus pour acheter plus. Ce n’est pas de ma faute, pas de la tienne non plus mais grâce à une prise de conscience, on peut faire quelque chose !

Paradoxalement, la réponse à la pénurie n’est pas P-L-U-S mais A-S-S-E-Z.

Le Fast fashion et son rôle dans le système de pénurie.

C’est quoi, c’est qui le Fast fashion, au juste ?

« Expression anglo-saxonne utilisée pour désigner le renouvellement, le plus rapide possible, des collections d’articles de la mode vestimentaire. Le fast fashion concerne le plus souvent des produits à prix peu élevés et qui ne sont pas destinés à être conservés d’une saison sur l’autre par l’acheteur. Le but est de traduire dans les meilleurs délais les tendances perçues de la mode à un instant t (ou mieux t-1), en proposant à la vente des produits représentatifs et accessibles, afin d’inciter au maximum au renouvellement de la garde-robe du client. Cela implique une réactivité maximale de la marque, une souplesse du processus de production (quick-response) et des flux logistiques tendus à l’extrême.. » e-marketing.fr

« Fast Fashion », je te quitte ! > La fin d’une relation toxique.

Je réalise les impacts monstrueux que cause le fast fashion sur l’environnement mais aussi sur nos vies.

Depuis les années 1990, elle est devenue une réelle industrie avec comme acteurs principaux des compagnies telles que Forever 21, GAP, Primark ou H&M. Au premier abord, si le Fast fashion peut sembler être un bon plan pour rester dans la tendance sans exploser son PEL, cette industrie fait surtout l’apologie de la surconsommation, du gaspillage et du « je jette ». Elle crée le manque et donc l’addiction chez le consommateur mais pas seulement…

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Demande toi une seconde :

« Comment puis je accéder à des produits textiles à des prix si attractifs ? »

Penses tu sincèrement que l’entreprise réduise ses marges ?

Tout a un coût, surtout les économies. Nos fringues low cost ont une histoire, celle de ceux qui les fabriquent. Et ce ne sont pas des contes de fées.

Pour répondre à la demande, les grosses compagnies font appel à de la main d’œuvre pas chère localisée dans les Pays du Sud qui subit des conditions de travail bien trop proches de l’esclavagisme. Harcèlement moral voire sexuel, cadences infernales, exhalations dangereuses (…) : des violations des conditions sanitaires et de sécurité pour un salaire de misère ne remplissant en moyenne que 21% des besoins minimum vitaux.

Et pour l’environnement ? La gifle.

On va taper fort tout de suite : La mode est le deuxième secteur le plus polluant, juste après l’industrie du pétrole.

Chaque année, 80 milliards de vêtements sont fabriqués dans le monde et nous consommons 700 000 tonnes d’entre eux en France. Ouais, moi aussi ça m’a fait tout drôle.

Si t’es pas encore trop dans le mood prise de conscience, je t’invite à écouter la BO de Requiem For A Dream pour les quelques chiffres que je vais te communiquer là, tout de suite. Quoi ? C’est pour la planète que je fais ça.

La Fast Fashion c’est aussi :

  • L’équivalent de 50 millions de voitures pour un cargot de transport de marchandise.
  • 70% des cours d’eau en Chine pollués par l’industrie textile.
  • 70 millions de barils d’essence nécessaires chaque année pour la production de polyesther.
  • 2500 litres d’eau utilisés pour fabriquer un seul et unique t-shirt de 250 grammes soit plus de 100 fois notre consommation journalière.
  • 10% de la consommation mondiale de pesticides engloutie par la production de coton.
  • Tout ça pour que … 70% de tes fringues restent au chaud dans ta garde-robe et 12 kilos de vêtements soient jetés tous les ans par chaque français.

sources : fine.asso.fr planetoscope.com ecowatch.com natura-science.com kosshland-science-museum.org

Toi aussi t’as des frissons et la nausée en même temps ? Rassure toi, ce n’est pas la grippe.

Cet article est un résumé de mes recherches, la conclusion de ma remise en question, ma jolie prise de conscience : j’ai décidé de consommer moins, de consommer mieux.

Je n’ai pas attendu d’avoir un blog pour surconsommer de la fringue : j’ai toujours acheté beaucoup de vêtements made in junk/fast fashion, ado comme étudiante. Le blog n’a fait qu’exacerber mes envies. J’adore la mode, j’adore jouer avec mes jolies robes et mes 40 paires de chaussures mais j’aime avant tout l’humain tout autant que ma planète.

Alors ouais, ça veut dire abandonner certains sponsors, tourner le dos aux enseignes low cost qui étaient jusqu’à présent mes favorites mais je mérite mieux que ça, le monde aussi. Peut être que je grandis. J’ai peut être aussi peur un jour de finir comme Carrie Bradshaw (Sex & the city) et d’être aveuglée par « l’avoir » et de ne plus « être ».

Ma vie à moi c’est l’amour, les voyages, les rencontres, la créa’ et le partage.

Et puis si c’est trop dur, je vivrai à poil.

Pour aller plus loin :

Le monde selon H&M (Documentaire)

The True Cost (Documentaire)